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Le doudou, un super-héros

Quelles sont les vertus thérapeutiques du doudou ?


Un adulte sur deux a conservé la peluche de son enfance !

Des chercheurs français de l'Université d'Aix Marseille, de Montpellier, du CNRS, de l’IRD et de la Fondation pour la Recherche sur la Biodiversité se sont récemment penchés sur les bienfaits des doudous auprès de nos enfants et en particulier le nounours.


L'étude parue dans le "Journal of Positive Psychology", a couvert 1000 participants âgés de 3 à 72 ans et a fait le constat que près d’un adulte sur deux avait conservé la peluche de son enfance .

Si récemment les formes de doudous se sont diversifiés, l'ours en peluche est celui qui a connu un succès énorme sur la durée : le plus vendu, le plus répandu, quasi universel. Autrefois fait avec de la paille et donc un peu dur, l'ours en peluche a évolué : le museau, les oreilles se sont arrondies, le corps est plus souple, doux et léger, les yeux se sont agrandis de façon à les rapprocher des bébés ours.

Selon Thierry Brassac, responsable du service de culture scientifique de l'université de Montpellier, " ce sont des mammifères qui ont des émotions, qui se tiennent droit comme nous et (...) il est plus facile d'aimer un ours qu'un moustique."


On le sait tous de façon empirique: le doudou apaise et fait baisser le stress. Comment expliquer sont pouvoir réconfortant?


Le doudou objet transitionnel

Selon Donald Woods Winnicott, pédiatre et psychanalyste du 19ème siècle, le nourrisson vit tout d’abord dans une phase « d’illusion » où la maman répond à ses besoins dès qu’il pleure. Pour le bébé, la maman et lui-même ne font qu’un. Cette phase est essentielle pour que le bébé puisse ensuite accepter une période de séparation que Winnicott appelle « la désillusion », intervenant entre 4 et 12 mois.


A ce stade interviennent les objets primaires ou précurseurs, que le bébé peut tenir et introduire dans la bouche et qui sont souvent associés à une stimulation auditive, à l’image de Sophie la Girafe, dont le succès traverse les décennies.


Vient ensuite, l’objet transitionnel, le doudou

« L'objet transitionnel est donc un objet privilégié, choisi par l'enfant. Il est la première possession non-moi. Il n'est perçu ni comme faisant partie de la mère, ni comme étant un objet intérieur. Il permet le cheminement de l'enfant du subjectif vers l'objectif — il sera plus tard désinvesti et l'aire transitionnelle donnera accès au jeu et aux activités culturelles pour l'adulte. »

Wikipedia- objet transitionnel.


Une approche sur la sensorialité

Il y a donc l’apparence visuelle (forme, couleur), le toucher doux et souple et bien souvent aussi l’odeur (quelle Maman n’a pas reculé face à l’odeur un peu trop présente du doudou, odeur qui convient parfaitement à son propriétaire).

… Autant de sens qui sont concernés et apaisés par la proximité de ce doudou.

L’étreinte libère de la dopamine et de l’ocytocine, qui sont les hormones du plaisir et de l’attachement, réduit également le niveau de cortisol, qui est associé au stress.


… Et le non-jugement

Et de surcroit, le doudou comprend tout, voit tout et pardonne tout...


Il prépare aux situations anxiogènes

Le doudou est une sorte de référentiel, un lien entre les lieux et personnes aimés et le lieu où se trouve l’enfant. Il permet de passer des caps difficiles comme la séparation avec les parents pour aller dormir, pour aller en crèche ou à l’école. A sa manière, il encourage donc l’autonomie et la confiance en soi.


Certains hôpitaux accueillent même des classes de CP pour leur faire soigner leur ours en peluche avec des stéthoscopes, des compresses, des tensiomètres de façon à dédramatiser le milieu médical.



Il permet de libérer les émotions

Il est possible de lui parler quand le langage est présent. Il accueille – et résiste- tant à la colère dans des phases où les petits découvrent la frustration- qu’à l’amour. Il est un confident, un « consolateur ».


L’école Montessori rappelle que c’est l’enfant qui choisit l’objet de son affection : il choisit le doudou qui doit devenir son préféré et peut même choisir un autre objet substitutif.


Et en élargissant le concept, les personnes adultes malades de la maladie d’Alzheimer, peuvent parfois trouver une étincelle de joie dans la « doll therapy » qui consiste à donner au malade une poupée d’empathie ou une peluche sensorielle: selon cette approche non médicamenteuse, le malade y gagne en bien-être.


Pour aller plus loin

Qui est Donald Woods Winnicott?


La pédagogie Montessori et ses principes éducatifs


Le livre Doudou à emmener partout, avec vos photos


Comment réparer un doudou soi-même


Doudou perdu: comment gérer la crise?


Racheter un doudou à l'identique:


Quelques sources :
  • Les enfants emmènent leurs doudous à l'hôpital de Caen:


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